Hello! Expatriation à Londres

Etant donné que le confinement me laisse relativement de temps libre, j’ai décidé de remettre mon bon vieux blog au goût du jour. Ma vie a bien changé et je pense avoir pas mal de choses à partager avec vous.

Et pour redémarrer, quoi de mieux que de vous parler de mon expatriation à Londres ? La façon dont je l’ai vécu, ce que j’aime dans cette ville mais aussi ce que je n’aime pas du tout, ce qui me manque etc. Je suis arrivée il y a un peu plus de 2 ans maintenant et j’ai le sentiment que c’est suffisant pour vous donner un feedback relativement complet de cette nouvelle aventure.

Pourquoi je suis venue vivre à Londres ?

Si je dis par amour c’est un peu cliché non ? Eh bien soyons donc dans le cliché ! 

Mon copain vivait déjà à Londres depuis quelques années lorsque je l’ai rencontré à Paris. Au bout de 2 ans de relation à distance, il a fallut faire un choix. Choix que je ne regrette pas. Il faut dire que prendre la décision de vivre à Londres n’est pas la plus difficile qui soit. C’est un changement de vie certes, et on peut le voir comme un sacrifice, mais ce n’est pas le bout du monde et c’est une ville relativement agréable. Puis être à Londres, malgré les quelques inconvénients que cela entraine, apporte tout de même des avantages que l’on ne trouvera jamais en France. Vous allez le découvrir en lisant cet article.

Est-ce que je me suis habituée facilement ?

Etant donné que je faisais déjà de nombreux aller-retour durant les 2 années précédentes, mon arrivée a été un peu simplifiée. J’avais déjà des repères, voire des petites habitudes. Puis comme mon conjoint travaillait déjà ici depuis quelques années, la recherche de logement a été relativement facile. 

Ensuite, pour ce qui est de l’adaptation en elle même, elle m’a paru assez facile la première année. Je pense que j’étais sous l’effet “tout est beau, tout est nouveau, la vie est belle”. Puis au bout d’un an, j’ai eu un coup de mou qu’il m’était difficile d’expliquer puisque tout allait globalement bien dans ma vie. Je me sentais triste, je ne voyais plus mon avenir ici, ma famille me manquait, mes habitudes parisiennes me manquaient etc. Bref, j’ai tout remis en question et je voyais tout en noir. Il paraît qu’on appelle ça “le mal du pays” ou le “blues de l’expatrié” et que c’est assez fréquent. Il faut juste en parler, prendre un peu de recul, et ça finit généralement par passer. Un séjour d’une semaine auprès de ma famille m’a remise sur pieds. 

Maintenant, tout va bien. J’a appris à gérer les petits manques. J’ai pris conscience que l’on ne peut pas tout avoir. J’ai compris que j’ai beaucoup de chance de vivre la vie que je mène actuellement et qu’elle m’apporte des opportunités que je n’aurai pas eu en France.

Ce que je n’aime pas à Londres

Si je vous dis la nourriture, j’imagine que ça ne vous étonnera pas ? Ce n’est pas un mythe, la nourriture en Angleterre, n’est pas exceptionnelle. Attention, quand je parle de nourriture, je parle de ce que l’on trouve de manière habituelle dans les supermarchés. Si vous allez au restaurant vous allez vous regaler. Et si vous savez cuisiner, ça devrait aller pour vous également. Mais pour résumer : lorsque l’on rentre dans un supermarché en France on a envie de tout acheter car tout semble bon . Ici, lorsque l’on rentre dans un supermarché, on achète ce dont on a besoin, mais la gamme de produits ne fait pas baver ! Heureusement qu’il y a Ocado pour pouvoir se ravitailler en produits “Picard” et “Saveur de nos régions” 

Les transports en communs : je n’aime pas le métro de Londres qui est petit et complètement enterré, on ne respire pas. Et les trains sont toujours en retard ou annulés. Mais les Anglais ne s’en plaignent pas malgré le prix qu’ils payent.

Ensuite, cela peut sembler un peu contradictoire avec ce que je vais dire par la suite. Mais, Londres, par son dynamisme peut être oppressante. C’est une ville qui ne s’arrête jamais. Ca à clairement des avantages, mais c’est également fatigant.

Trouver un travail à Londres

Je ne parlerai pas de mon cas personnel car, étant infirmière, ma situation n’est pas tout à fait une référence (comme partout, ce n’est pas le métier qui paye le plus, mais on trouve toujours un travail rapidement). 

Les employeurs en Angleterre ne sont pas à cheval sur les diplômes comme c’est le cas en France. Il faut plutôt avoir des compétences et/ou de la motivation pour être embauché. Puis il faut les prouver pour être gardé. Il faut juste savoir que l’on peut être renvoyé aussi rapidement que l’on a été embauché, la sécurité de l’emploi n’est pas aussi importante qu’en France. Aussi, il n’y a pas le même sentiment de supériorité hiérarchique qu’en France. Le boss ici est plus perçu comme un collègue.

Le salaire est aussi supérieur, et l’évolution professionnelle plus rapide. Il n’y a pas besoin d’attendre d’être en poste depuis un certain nombre d’années pour être promu a un niveau supérieur. Si vous faites l’affaire, vous pouvez évoluer en quelques mois, même sans formation de base.

Enfin, créer son entreprise est aussi beaucoup plus facile ici : moins cher et moins chronophage. 

Le coût de la vie

Oui vivre à Londres ça coûte cher. 

Pour vous donner des exemples concrets :

  • La carte de transport mensuelle en zone 1-2 = 140£
  • Le loyer : notre appartement est en zone 2/3 à 15min en train du centre de Londres et nous avons 2 chambres = 1600£ (notre précédent appartement dans le même quartier pour 1 seule chambre = 1400£ )
  • Nos charges communes : impôts locaux + redevance TV + courses alimentaires + internet + électricité = 600£ 

Pour contre balancer un peu tout ça : les salles de sport sont à mon gout moins cher et les entreprises les remboursent parfois, il y a beaucoup de magasins qui proposent des prix cassés (Poundland, Savers, TKMaxx, Wilko, B&Q ) l’accès à la santé dans le système public est totalement gratuit sans avance de frais, la plupart des musées sont gratuits etc.

Il y a plusieurs petites astuces pour réduire les coûts, mais vivre à Londres coûte cher peu importe les économies que vous arrivez à faire.

Les avantages de la vie Londonienne

Passons au positif ! Il y a des avantages indéniables à vivre à Londres. 

Premièrement, même si mon anglais n’est pas parfait, je suis maintenant bilingue! Je me considère bilingue car : je peux mener ma vie du quotidien en anglais sans problème (gestion administrative, RDV médicaux, RDV professionnels…) je peux regarder un film en anglais (bon OK, j’ai encore un peu besoin des sous-titres en anglais), je peux tenir une discussion avec des anglais presque normalement. Je n’aurais jamais imaginé en être capable il y a 3 ans. On peut prendre tous les cours d’anglais que l’on veut en France et regarder des séries en Anglais, certes ça aide, mais ça ne suffit pas. Et être bilingue, c’est quand même super satisfaisant !

Ensuite, même si Londres est comme je le disais, une ville que je trouve un peu oppressante. Il y a une multitude de parcs et d’espaces vert partout ! On entend souvent parler de Hyde Park, Green Park, Greenwich park etc. qui sont les plus connus. Mais chaque quartier de Londres à des parcs locaux que les habitants des environs adorent fréquenter. Il n’y a pas besoin de prendre le métro et d’aller au centre de Londres pour trouver un coin de verdure reposant. Le bruit de circulation s’arrête, les écureuils grimpent aux arbres, le bruit d’une rivière qui détend … c’est tellement agréable! 

Les nombreux et jolis coffee shops, leurs cappuccinos, les brunch traditionnels que l’on ne cesse de découvrir. C’est le kiff du weekend !

« Le monde entier dans une ville » comme le disait si bien l’ancien Maire de Londres (Ken Livingston). En effet, Londres est une – si ce n’est LA – ville la plus multiculturelle du monde. Au travail, vos collègues sont Australiens, Suédois, Indiens, Bulgares, Français, Italiens… C’est monnaie courante et c’est tellement enrichissant. Lorsque vous allez au restaurant ou dans les food markets, vous pouvez vous évader le temps d’un repas super facilement et vous délecter avec des plats du monde entier. Vous trouverez de tout ! A Paris, pour s’évader culinairement on a principalement le choix entre Japonais, Chinois, Indien, Américain, Libanais. Mais il faut bien chercher pour trouver plus exotique. Ici, pas besoin de chercher bien longtemps.

Il est super simple de voyage depuis Londres. En effet, la ville possède 6 aéroports, soit le double de Paris. Il est donc super facile de trouver un vol direct pour n’importe quelle destination a un prix raisonnable. 

Enfin, dernier point mais pas des moindres : la liberté. A Londres, tout le monde se fiche royalement de votre style. Vous pouvez oser toutes les excentricités, au pire on vous remarquera et … rien d’autre! Certains vont même faire leur courses au petit supermarché du coin en pyjama, robe de chambre et chaussons et ça ne semble choquer personne. 

Ce qui me manque de la France

Clairement, les habitudes françaises dans leur globalité. Il n’y a pas une chose en particulier qui me manque. J’aimais aller au Monoprix et au Naturalia du coin et pouvoir acheter tout ce que j’adore pour me faire un bon repas sur le pouce. J’aime aller boire un verre de vin et déguster une planche de charcuterie avec ma copine dans le Marais. J’aimais aller courir sur les bords de seine et dans les rues de Paris. J’aimais le sport aux Cercles de la Forme Ornano et à Fitness Park de la Place de Clichy. J’aimais aller flâner chez Leroy Merlin. J’aimais prendre le TGV à Montparnasse pour me rendre en Bretagne pour le week-end. Bref, plein de petites choses qui font les petits plaisirs du quotidien mais qui ne sont pas indispensables. Il faut savoir apprécier ce que l’on a et planifier sa vie sur le long terme, trouver de nouvelles habitudes et de nouveaux plaisirs !

Ce qui ne me manque pas de la France

La mentalité française. J’aime mon pays, j’aime mes origines, je suis fière et me sens chanceuse d’être Française. J’aime aussi rentrer en France. Mais il faut reconnaitre que le français est : insatisfait, raciste et jaloux. Oui, rien que ça ! 

En caricaturant à peine : Le français veut travailler 35h et pas une minute de plus, mais veut une revalorisation salariale. Le français aime les clips de SOS racisme mais ne veut pas embaucher un immigré. Le Français est jaloux du salaire plus élevé de son voisin, mais n’est pas prêt à travailler dur pour obtenir un salaire équivalent. Le Français veut gagner 1800€ de chômage en restant à la maison, mais ne souhaite pas qu’un immigré qui veut travailler touche des aides sociales. Le Français n’a pas besoin d’apprendre à parler une autre langue car les autres vont s’adapter, mais un étranger doit apprendre à parler Français parfaitement. Le Français vit dans le “meilleur pays du monde” mais n’accepte aucun changement qui puisse le faire évoluer.

Bref, c’est peut être un peu rude comme description, mais en vivant à l’étranger on se rent compte de la chance que l’on a lorsque l’on vit en France. Et vue de loin, l’attitude de certains Français et aberrante, et on comprend mieux pourquoi les étrangers nous critiquent tant. 

Et les anglais ils sont comment ?

Bien que je ne côtoie pas beaucoup d’anglais, car finalement il y a tellement de personnes d’origines différentes que les vrais anglais ne sont pas si nombreux, il y a quelques points forts qui se font ressentir. 

Les Anglais aiment beaucoup l’entraide. Il y a beaucoup de choses qui fonctionnent grace au bénévolat et aux dons: les hôpitaux, les réseaux d’entraide dans les municipalités, il y a énormément de charity shops comme la Croix-Rouge et Emmaüs, les gens donnent beaucoup dans le métro pour les associations contre le cancer etc.

L’ambiance au travail est plus conviviale qu’en France. Il y a le coté pile et le coté face. Car si l’ambiance est conviviale, l’honnêteté n’est pas forcement au rendez-vous. On ne vous dira pas en face que votre travail n’est pas bon. Ce sera toujours “Great !” et vous serez toujours “So lovely ! ” mais ça ne veut pas dire que la personne qui vous le dit le pense vraiment.

Enfin, la “drinking culture” est un peu trop présente. Le pub est vraiment une institution, et si vous n’aimez pas la bière, si vous ne buvez pas, ou si vous préférez rentrer chez vous après le travail plutôt que d’aller boire un verre, vous pouvez passer pour quelque de peu sociable, un peu hors de la norme. En Angleterre, l’alcool est vraiment un problème de santé publique, qui n’est pas assez adressé à mon goût.

Les petits plus du quotidien

Certaines petites évolutions technologiques et certains comportement humains facilitent ici beaucoup le quotidien. 

Le service client est relativement bon en Angleterre. Vous n’aurez jamais – ou rarement – un problème entre un employé et un client comme on peut le voir en France. Les gens restent calmes et polis, tentent de trouver une solution. Le concept du client est roi est vraiment respecté ici. 

Beaucoup de salles de sport sont ouvertes 24h/24h, ce qui est vraiment adapté au rythme d’une grande ville comme Londres. 

Lorsque vous faite un virement bancaire – entre comptes anglais – le transfert est instantané (maximum 1h) je ne sais pas pourquoi en France il faut encore attendre 3 jours ! 

Les magasins sont ouverts de manière générale jusque 22h. Certains jusque 00h. Et maintenant de plus en plus de supermarché commencent à être ouverts 24h/24h. C’est vraiment un modèle économique different : le business s’adapte au client le plus possible.

Les transports en communs peuvent se payer depuis bien longtemps avec l’option sans contact de la carte bancaire. Pas besoin de faire la queue au distributeur et pas de ticket de métro perdu. Aussi, les gens ne fraudent pas: il y a un contrôleur à chaque porte de métro donc personne n’essaye de passer sans ticket. Et le bus ne démarre pas si vous ne payez pas votre trajet en montant. Pourquoi aller attraper les gens par surprise dans les couloirs du métro quand il suffit de contrôler l’accès au métro lui-même ?

La communauté française de Londres

Les Français sont si nombreux ici que l’on se croirait parfois en France. Ne vous aventurez pas, en bon Français, à critiquer quelqu’un dans le métro en pensant qu’il ne comprendra pas. Il y a entre 300 000 et 400 000 Français vivant à Londres. Vous avez de grandes chance d’en croiser un!

On est tellement nombreux que l’on trouve tout en français : mon salon de coiffure est Français, il y a une librairie Française, je travaille dans une des nombreuses cliniques Française, il y a les crèches françaises et le lycée Français, les boulangeries Françaises, des supermarchés Français en ligne .. et j’en oublie sûrement ! 

Le positif c’est que c’est plus simple d’anéantir le mal du pays quand il se fait sentir. Le négatif c’est que si vous voulez apprendre l’anglais, il faut savoir vous isoler de vos compatriotes qui sont partout.

Et pour les futures mamans ?

Sujet qui me concerne grandement puisque je suis à plus de 7 mois de grossesse aujourd’hui. Il faudrait un post complet pour détailler la différence entre la grossesse en France et en Angleterre. Mais pour résumer : La grossesse est beaucoup moins médicalisée en Angleterre, ce qui peut faire paniquer vu de loin, mais finalement je le vis de façon assez zen, et chaque problème semble relativement bien pris en charge. 

Le congé maternité est très mal payé si vous n’avez pas une entreprise qui vous propose un congé maternité différent de celui proposé par l’état. Mais en revanche, les congés maternité et même paternité sont mieux perçus et moins discriminants par les employeurs.

Enfin, la crèche coûte très cher. Comptez au minimum 1200£ par mois pour une place à temps complet.

Ca vous intéresserait un article sur comment j’ai vécu ma grossesse, et comment s’effectue le suivi étape par étape ici ? 

Pour résumer …

Londres c’est beau, c’est agréable mais ça peut être un fatiguant. Il faut accepter d’être loin de ses proches. La vie coûte chère, mais en contrepartie, on a le sentiment que si l’on travaille et si l’on se donne les moyens tout est possible !


Alors, ça vous donne envie de vous expatrier vous aussi ? Et si vous vivez déjà à l’étranger, vous retrouvez-vous dans mes propos ? N’hésitez pas à partager votre avis et votre point de vue en commentaire. Ca m’intéresse !